Détachement

Publié le par Jyoti

Détachement

Détachement, lâcher-prise… Voilà des mots que l’on entend souvent, qui sont même à la mode, mais qu’y a-t-il derrière ?

Le Détachement, nous disent les textes, est l’absence de désir pour l’objet vu ou entendu. Nous recevons « .. le bonheur et l’affliction, le gain et la perte, la victoire et la défaite… » (Bhagavad gītāgita, 2.38) avec la même équanimité d’âme.

Le chemin pour y parvenir est long et difficile.

Absence de désir… Un tel état peut même nous sembler froid et impersonnel habitués que nous sommes à imbiber d’émotions toutes nos expériences. Pourtant, il n’est pas difficile d’imaginer la légèreté qui l’accompagne : délivrée des émotions et du désir, notre conscience peut s’ouvrir à d’autres délices.

Mais soyons humbles et commençons par le commencement : prenons conscience de ce à quoi nous sommes attachés. J’ai parlé ailleurs de l’attachement et du lien aux autres. Mais, si nous sommes honnêtes avec nous-mêmes, les réponses à la question « à quoi suis-je attaché(e) ? » peuvent donner lieu à une longue énumération : à ma maison, à ma voiture, à mon confort, à mon boulot, à mes fleurs, à mon chat, à mon chien, à mon image, à ma réputation, etc.

Même ceux qui se disent attachés à rien sont quand même attachés à une chose : la vie. Notre attachement le plus fondamental, le plus viscéral, est effectivement celui-là même qui engendre la peur de la mort. Vivre sans craindre de mourir, voilà une des choses que le Détachement peut nous offrir.

La relation sujet-objet qui fonde l’attachement aux choses, au sens large, qui nous entourent nous aveugle : l’objet devient notre maître et l’attachement que nous lui portons fait de nous ses esclaves craintifs.

Alors, pragmatiquement, au quotidien, nous pouvons commencer par nous intéresser aux attachements dont nous sentons qu’ils tendent à l’excès. Utiliser notre capacité de discrimination pour en examiner l’objet « à distance » puis faire apparaître en pleine lumière les émotions qu’il suscite, les regarder en face et les laisser se dissiper. Enfin, en exprimer l’intention consciente tout au moins ! Très souvent, il s’agira d’une peur ou d’un manque : d’être abandonné, de ne pas être aimé, de manquer de ceci ou de cela. Si l’introspection permet d’en faire apparaître la cause, la peur ou le manque perdra son caractère menaçant et pourra même disparaître, à notre grand étonnement souvent. Du coup, l’objet de l’attachement reprendra sa véritable valeur. Le pas sera peut-être petit mais ses effets pourront être énormes et accélérer notre progresssion vers le Détachement. Dans tous les cas, nous aurons commencé à comprendre que nous avons les moyens de relever la tête et de briser un conditionnement, au final, illusoire.

Si la cause nous reste obscure, avoir tenté de la révéler sera une première étape. Éclairer nos zones d’ombre a toujours un effet bénéfique, même s’il n’apparaît pas immédiatement.

Le plus difficile sera de procéder de même avec ce qui nous emplit d’émotions positives. Voilà pourquoi sans doute l’écrasante majorité d’entre nous s’arrête en route.

Mais à mon sens, qu’importe : si la quête du Détachement nous a permis de dissoudre nos peurs, au moins quelques-une d’entre elles, ici et maintenant, nous mènerons une vie plus riche parce que nous aurons libéré de la place pour la lumière dans notre conscience. Et puis, il y aura la vie suivante, et les autres pour continuer à avancer et nous partirons à chaque fois de moins loin !

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