Réincarnation

Publié le par Jyoti

Réincarnation

Quand j’étais jeune, j’avais un avis sur tout, de préférence péremptoire. Et notamment sur la réincarnation. Ma mère, elle, y croyait. La liste de mes arguments, d’une logique que n'aurait pas reniée M. Spock, était sans fin.

Le temps a grignoté mon arrogance mais j’avoue que pendant longtemps j’ai eu de sérieux doutes. De fait, si l’on pense que la réalité d’une chose tient à sa capacité à prendre une forme tangible vérifiable, on a du mal à accepter cette notion.

Et puis j’ai rencontré un compagnon qui m’a relancé sur la voie de l’ésotérisme et tout doucettement je me suis remise dans mon droit chemin, certes non sans quelques tâtonnements.

À l’âge où vient le moment de renouer avec sa vérité pronde si de mûr on ne veut pas devenir blet, la même personne m’a permis de découvrir un pur joyau : l’arbre des Sephiroth de la Kabbale.

Poursuivant ma route, sont venus l'āyurveda, le sanscrit (que je voulais apprendre depuis mon adolescence) et la découverte d’un deuxième joyau où je me retrouvais totalement : la métaphysique et les « points de vue sur le monde » de l’hindouisme.

Ces deux traditions présentent de nombreuses résonances à mes yeux et l’une d’entre elles est la notion de temps cyclique. Création-maintien-résorption. Brahma-Viṣṇu-Śiva. Le brassage infini de l’énergie qu’émane en permanence la Conscience absolue pour manifester le monde. Et comme toute manifestation est une émanation de la Conscience, celle-ci ne peut qu’être présente en nous, où nous l’appelons ātman, le principe spirituel qui nous habite, l’âme. Cette étincelle de Conscience ne peut pas disparaître avec la mort du corps puisque la Conscience est au-delà de la mort et de toutes les autres limites qui nous confinent et nous asservissent.

Alors il a fallu me rendre à l’évidence : je ne pouvais pas jeter le bébé avec l’eau du bain. La réincarnation allait de soi dans une telle vision du monde, elle n’était pas négociable. Et là j’ai fait le lien avec un sentiment qui m’accompagnait depuis très longtemps : celui de passer d’une expérience à l’autre en me disant « celle-là, cochée, à la suivante » et de tourner totalement la page, comme si je revenais après une très longue absence et que je devais refaire l’expérience de la vie.

J’ai pris conscience des constantes présentes depuis mon plus jeune âge : intérêt pour les langues anciennes, sentiment de familiarité avec la vie de la Rome antique, goût pour les civilisations les plus archaïques, sentiment de lien avec nos ancêtres les plus lointains, sensation de « re-connaître » des idées, des gens. Et si tout ça était en lien avec le vécu d’autres vies ?

Aujourd’hui, j’en suis convaincue. Parce que ma voix intérieure me dit que j’ai raison et que je sens que j’ai raison. Et là, rien de péremptoire. Chacun voit midi à sa porte, mais attention : coupons la jambe de l’intuition et nous sautillerons en déséquilibre sur celle du rationalisme.

La réincarnation est une belle notion : elle nous relie à l’ensemble de l’humanité, elle abolit le temps et l’espace, elle nous rapproche vie après vie de la Source ineffable dont nous avons jaillis et où nous irons nous fondre à nouveau dans une paix totale.

Elle est pas belle la vie ?

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