Musique des sphères

Publié le par Jyoti

Il y a quelques semaines, j'ai eu l'occasion d'assister à un concert de musique du 20e siècle (j'ai oublié le nom du compositeur) qui réunissait percussions et piano. Je suis davantage familière de la batterie version rock et du piano version Jerry Lee Lewis, mais la puissance de cette composition m'a totalement emportée, autant par son impact immédiat que par le sens dont elle m'est apparue porteuse.

La percussion dont nous avons tous conscience, c'est le battement du cœur, le nôtre ou celui de l'être cher dans les bras duquel nous nous abandonnons ou bien encore celui de sa mère pour le bébé qu'elle serre contre son sein. D'ailleurs, quelle plus belle image de l'harmonie et de l'apaisement que celle de deux cœurs battant à l'unisson ?

Les percussions ont la capacité de pénétrer au plus profond de nos cellules, vibration pure, rythme primal, auxquels une partie de nous sans âge est immédiatement sensible. Et rien de bien étonnant lorsque des traditions aussi anciennes que le shivaïsme et l'hermétisme enseignent le rôle primordial de la vibration et du rythme dans la création et l'existence de l'univers manifesté.

En frappant son ḍamaru, Śiva initie le spanda, la vibration créatrice émettrice de Vac*, la parole pure, cachée derrière les mots et les catégories de notre langage imparfait. L'hermétisme tel qu'en rend compte le Kybalion, quant à lui, fait de la vibration le troisième principe de cette philosophie et du rythme, le cinquième.

Sur notre plan de conscience habituel, les percussions résonnent dans nos tréfonds « archaïques » et nous mettent au diapason d'origines oubliées.

À cette réactivation non verbale du lien métaphysique qui nous unit à la Source, que nous ayons conscience de celle-ci ou non, répond le langage modulé, expressif et aisément intelligible du piano. La mélodie émise par le clavier devient une autre forme, cette fois familière, de parole, où la note se substitue au mot pour constituer un discours adressé à l'émotion plutôt qu'à la raison, cet espace réservé du mental.

Le dialogue entre les percussions et le piano devient alors une voie à double sens, un va-et-vient entre le rappel de notre transcendance originelle et la réalité de notre expérience d'êtres incarnés, nous remémorant que la seconde ne pourrait exister sans la première et que toute appréhension dichotomique du monde nous abuse.

Lorsque la musique parvient, comme dans cette œuvre, à rendre toute la fluidité de cette échange, elle nous reconnecte à l'harmonie fondamentale de l'univers et nous entrouvre la porte sur la seule et unique Réalité.

 

* Cf. Evangile selon St Jean
Au commencement était le Verbe et le Verbe était en Dieu et le Verbe était Dieu.
Il était au commencement en Dieu.
Tout par lui a été fait et sans lui rien n'a été fait de ce qui existe.

 

 

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Rémi 12/02/2018 15:27

Dans la pratique du chamanisme, outre le tambour, nous utilisons le hochet... Ce même instrument que les parents donnent à leur bébé en pleurs. L'enfant alors s'apaise, parce qu'il est à nouveau connecté avec ce que vous appelez avec justesse "notre transcendance originelle"... Merci pour cet article, j'aime lorsque l'on fait se répondre, comme le piano et le tambour, deux grandes traditions spirituelles...

Jyoti 12/02/2018 16:19

Moi aussi, parce qu'à chaque fois la convergence vers une source unique se manifeste. Nous ne choisissons pas tous le même luminaire pour nous éclairer, mais la lumière est la même !