Connais-toi toi-même

Publié le par Jyoti

Ça y est, j'ai encore craqué : j'ai fait un énième test de personnalité sur Facebook. L'attrait de cet exercice m'interpelle d'autant plus que je me targue de bien me connaître. Qu'en attendons-nous ? (Le pluriel s'impose parce que je suis loin d'être la seule à céder à cette tentation quand elle se présente.)

En m'appuyant sur mon expérience personnelle, je dirais en premier lieu une forme de réassurance positive : oui, je suis bien telle que je le pensais (une femme formidable et intéressante bien sûr). Ensuite, l'appel du mystère : y a-t-il quelque chose à découvrir sur moi que j'ignore ?

C'est comme se tendre un miroir : le test nous renvoie une image de nous-mêmes que nous espérons aimable, pour ne pas dire flatteuse et au minimum réconfortante.

Quand on y regarde de plus près, ces tests ne parlent pas de notre être mais de notre paraître. Alors qu'en première instance ils semblent tournés vers l'intérieur, ils ne s'inquiètent que de l'extérieur : notre rapport aux autres ou, plus largement, notre acceptabilité sociale.

S'ils nous attirent autant, c'est peut-être parce qu'ils relèvent de notre sport favori : la projection, vers l'autre pour attirer son regard, son approbation, son intérêt ; vers l'avenir, pour tenter de le deviner, de le modeler, de l'imaginer ; vers ce que nous lisons de nous dans les yeux de notre entourage. Comme si nos interactions permanentes avec les autres nous avaient expulsés de nous-mêmes.

Pourtant, basés sur des concepts et une symbolique simplistes, les tests, pauvres substituts à l'introspection et la réflexion, ne peuvent rien nous apprendre qui soit véritablement utile à notre évolution.

Finalement, que voulons-nous savoir ? Qui nous sommes et où nous allons. Nous partons en quête de réponses à l'extérieur alors que celui-ci n'est que le reflet de l'intérieur. Car ce qui façonne notre personnalité et son expression dans le monde est principalement le fruit de notre héritage génétique, karmique, social, éducatif et de notre histoire transgénérationnelle.

En cas d'incertitude ou d'inquiétude sur nous-même ou notre destin, il suffit de nous retourner sur le chemin parcouru pour percevoir le fil qui nous guide depuis le début et la voix subtile qui nous accompagne et nous éclaire. Lorsque nous nous ouvrons à cette conscience, nous cessons d'être en errance. Non seulement nous voyons clairement qui nous sommes dans notre essence, mais nous nous apercevons que passé, présent et avenir, ces trois mouvements du devenir, se conjuguent en permanence pour tracer notre route.

Si mes propos ne sont pour vous que galimatias, re-pensez à toutes ces choses que vous avez faites ou ces décisions que vous avez prises apparemment sans raison ou sur une impulsion et qui vous ont ouvert des portes dont vous croyiez ignorer l'existence. Si nous sommes aveugles, nous appelons cela hasard ou coïncidence. Si nous sommes borgnes, nous appelons cela intuition. Si nous recouvrons la vue, nous n'avons plus besoin du reflet dans le miroir et notre vie prend tout son sens. Parce que nous savons tout ce qu'il y a à savoir.

« Connais-toi toi-même » enjoignait l'inscription au fronton du temple d'Apollon à Delphes. Prendre conscience de sa vérité intérieure, c'est aussi prendre conscience de sa place non seulement dans l'univers social mais aussi dans l'univers cosmique. Cela, aucun test ne peut nous l'apporter. Parce que les véritables réponses aux véritables questions ne sont pas ailleurs, elles sont en nous. Alors, ne nous privons pas du plaisir ludiquement pervers des tests, mais sans être dupes !

 

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