Relations humaines

Publié le par Jyoti

Plus j'avance dans le temps et plus je m'aperçois qu''en dehors des liens familiaux, il existe deux grandes catégories de relations avec les autres : celles de circonstance et celles qui relèvent des liens de l'âme.

Les relations de circonstances, majoritaires, nous unissent temporairement à des personnes parce que nous partageons les mêmes intérêts ou que nous avons besoin ponctuellement les uns des autres. Une fois la raison "utilitaire" passée, les chemins se séparent, les visages et les noms s'effacent. Pour poursuivre dans la voie des métaphores horticoles, ces relations auront été la rosée qui rafraîchit le jardin et se dissipe quand le soleil se fait plus fort.

Les relations qui relèvent des liens de l'âme sont plus rares mais, bien sûr, plus riches et plus intenses. Heureuses ou difficiles ou les deux, elles nous marquent de leur empreinte et nous font avancer sur le chemin que nous forgeons. Les visages et les noms restent gravés à jamais.

Certaines remplissent leur office et se dissolvent tranquillement : clôturer une relation d'une vie antérieure, permettre à une âme de s'incarner, mener une tâche à son terme. 

D'autres vont tellement en profondeur qu'elles ont la capacité de nous ouvrir les yeux sur la voie à suivre (nous remettre sur "le droit chemin") et sur nous-mêmes. Elles ont un rôle de transformation et d'accompagnement mutuel. Elles s'accompagnent d'un sentiment de familiarité improbable. Elles évoquent en moi  l'image d'une sorte de cordon ombilical subtil et intemporel.

J'ai depuis longtemps le sentiment, pas vraiment original, que nous ne rencontrons pas les gens par hasard et que nous défrichons sans le savoir le chemin qui nous mène vers certaines personnes. De circonstance ou de l'âme, nos compagnes et nos compagnons de route apparaissent toujours à point nommé. Tels des vases communicants, nous déversons les uns dans les autres le fluide nourricier dont nous avons respectivement besoin. Parfois les rencontres mettent des années à se concrétiser : c'est que nous n'étions pas encore assez affamés. Parfois elles défient les lois de la normalité acceptée. Même si elles peuvent relever de l'énigme, elles ont toujours un sens qui dépasse le cadre du corps dans lequel l'âme choisit de s'incarner.

Souvent empêtrés dans les émotions, nous avons beaucoup de mal à nous percevoir comme des coupes sacrées et à considérer nos expériences comme des offrandes à un plan de conscience inconcevable, une façon d'être humblement au service de ce qui nous dépasse.

Alors, lorsque l'attraction est si forte qu'elle nous ferait pleurer avant de nous faire rire et la familiarité si grande qu'on cherche inconsciemment à faire réémerger une mémoire ancienne, c'est pour moi le signe de retrouvailles que nous nous devons d'honorer.

Publié dans Mood

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