Nashala et Jana

Publié le par Jyoti

Dernière balade avant le retour à Delhi demain soir. Fini les interminables marches et les chemins de chèvres qui ont eu presque raison de mon genou droit ! Une heure de marche à flanc de montagne au milieu des vergers pour rejoindre le village de Nashala avant de prendre les voitures pour rallier les chutes d’eau de Jana.

Sur ce sentier bucolique bordé de temps à autre de maisons et toujours de vergers et de petits champs bien tenus nous croisons quelques hommes, des vaches, une jeune fille avec un gros fardeau d’herbe sur le dos. Apparemment il pleut (en fait il neige) sur les sommets de l’autre côté de la vallée, mais pour nous temps parfait.

Nashala est un petit village d’agriculteurs sans rien de spécial avec sa buvette, ses maisons, son temple à une déesse bienfaisante locale. Devant le seuil de sa demeure une femme est sur son téléphone portable, ses trois jeunes enfants interrompant leurs activités pour regarder passer notre petite troupe. En redescendant, nous croiserons des enfants qui rentrent de l’école. Ils n’auront pas d’uniforme, contrairement à tous ceux que nous avons croisé jusqu’ici. Je n’en tirerai aucune conclusion car nos critères et nos références n’ont aucun sens ici.

La route qui conduit à Jana grimpe à plus de 2000 m, oserais-je dire d’un ton blasé “comme d’hab”. Les chutes se situent au-dessus du village, que nous n’apercevrons que de loin. Elles sont trois les unes à côté des autres, formées par des torrents qui dévalent la pente abrupte. Certes nettement moins ambitieuses que celles du Niagara mais la montagne est magnifique et ouvre sur les hauts sommets dans le lointain. Il y a 10 ans il n’y avait qu’une buvette, maintenant il y en a deux. Un bon tchai pour contrer la fraîcheur pendant qu’un homme s’offre un grand frisson sur une tyrolienne ou zip line. La population est encouragée à pratiquer le “home stay” : une ou deux chambres avec douche, formule apparemment prisée des jeunes Indiens d’autres régions pour y faire la fête, nous affirme notre mentor qui vit ici depuis 40 ans. Une chose est sûre : la construction à visée touristique va bon train et je pense que les districts de Kullu et Manali auront bien changé d’ici 5 à 10 ans. Il faut sans doute s’en réjouir car tout cela indique le développement de la classe moyenne et la diversification des revenus des locaux, donc une hausse générale du niveau de vie.

Après une petite marche, nous reprenons nos véhicules et retour à Naggar sous la pluie. La route est en bon état et il y a belle lurette que l’attaque des virages en épingle à cheveux de nos chauffeurs ne m’impressionne plus. Même pas peur quand on frôle le bord du précipice ! Il semblerait que l’Inde commence à déteindre sur moi !

Publié dans Billets des Himalayas

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