Chichougui

Publié le par Jyoti

Ne cherchez pas Chichougui sur une carte, j’ai essayé en vain moi-même. Pour trouver ce village, ce n’est pas compliqué : vous montez 300 m de dénivelé par un chemin mieux adapté aux chèvres qu’à mon humble personne (un peu plus d’1 h de marche). Les petites haltes s’imposent pour reprendre son souffle (on atteint 2000 m environ à l’arrivée). A un moment, nous croisons un lieu de crémation des morts du village quand il pleut. Et puis, miracle de la persévérance, le village est là avec  ses maisons traditionnelles et leur balcon aux rambardes sculptées et une moderne, mais traditionnelle dans sa conception. Des femmes conduisent une ou deux vaches et un ou deux moutons vers un verger pour paître. L’une d’elles emporte son tricot pour passer le temps. Des enfants jouent au cricket. Comme d’habitude, des chiens curieux et amicaux qui n’appartiennent à personne et à tout le monde viennent se joindre à nous pour un bout de promenade. Ici, les agriculteurs sont des Rajput et appartiennent à la caste des guerriers. Nous échangeons abondance de sourires et de namaste avec les habitants avant de redescendre par un petit chemin qui serpente au milieu des vergers.

Plus bas, un petit temple en construction rassemble les hommes qui en construisent la charpente en bois, des hommes plus âgés, qui veillent peut-être à ce que tout soit fait dans les règles, et un brahmane qui gère dans un cahier les dons à consentir par chaque famille car la construction du temple est une décision collective du village.

En fait, des constructions sont en cours partout sur les pentes, avec une vue imprenable qui se mérite car, si je ressens de plus en plus la montagne comme maternelle, c’est une mère exigeante. Ces montagnes résonnent autant du bruit des outils du bâtiment que des chants des oiseaux. Loin de mes souvenirs de la haute montagne française, ici la vie est partout, animale, végétale, humaine, foisonnante. Et toute cette activité bruissante et industrieuse se déroule sans hâte.

Au moment où j’écris, la nuit tombe doucement. Des jeunes jouent au foot avec enthousiasme en contrebas. Il commence à faire frais. Demain sera un autre jour d’émerveillement.

Publié dans Billets des Himalayas

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