Pleine lune de juillet : le temps de l'écoute

Publié le par Jyoti

La pleine lune du 27 juillet 2018 (22h22) présente un caractère hors du commun à un triple titre : sa couleur rousse, l’éclipse lunaire totale la plus longue du siècle et la proximité exceptionnelle de la planète Mars. 

Du point de vue de l’astrologie védique, elle se situe dans le nakṣatra Śravaṇa (10°00 à 23°20 en Capricorne). Symbolisée par une oreille (sens de son nom en sanskrit), cette maison est régie par la Lune et le dieu Viṣṇu, à qui il revient de maintenir l’ordre du monde après sa création et avant sa destruction.

Proche de la Terre comme il ne n'a pas été depuis 2003, Mars apparaîtra à faible distance de la Lune, son intense rougeoiement semblant côtoyer le rouge cuivré de notre satellite. Les puissants alignements planétaires à l'œuvre auxquels font écho les fortes chaleurs, les catastrophes naturelles et les tensions internationales que nous constatons déjà depuis quelque temps font de cette pleine lune et des semaines qui l'entourent une période éprouvante et difficile.

La situation sera également compliquée par la rétrogradation actuelle de Mars (jusqu’au 27 août) et de Mercure (jusqu’au 19 août) : s'il sera préférable d'attendre la fin de l’été avant de mettre en œuvre des décisions importantes ou des projets, la période sera propice aux bilans et découragera l’impulsivité, donnant une meilleure chance de réussite aux entreprises ultérieures. 

Le fait que Mars chevauche actuellement Ketu, la queue du serpent, maître du passé et des vies antérieures, risque d’agiter les émotions et les sentiments non résolus et encore vifs suscités par des événements récents ou anciens. Si c’est le cas, Śravaṇa sera là pour nous demander de les recevoir et de les accepter comme un chemin d’enseignement, si douloureux soient-ils, et de voir dans le feu martien un agent de purification karmique.

Les manifestations violentes et frustrantes de cette conjoncture ne doivent pas nous cacher le véritable message de cette pleine lune en Śravaṇa : l’heure est à l’écoute du maître par l’élève, de l’apprentissage et de l’expansion de soi. La motivation de cette constellation est le but. Et le but ici est de se retirer du mouvement désordonné et chaotique que provoquent les énergies cosmiques actuellement en action pour plonger au plus profond de soi et voir plus loin que l’illusion. Gardons à l’esprit que le bouillonnement déstabilisant actuel, que certains subissent sans doute avec davantage de rigueur que d'autres, demeure un phénomène de surface sur le plan de la conscience.

Śravaṇa est en partie recouvert par Abhijit (« victorieux), le 28e nakṣatra védique dont Kṛṣṇa, avatar de Viṣṇu, a fait sa constellation personnelle. Régi par Brahmā, le créateur, il est de bon augure en termes de bien social et universel. L’absence de Śiva, le destructeur, dans ces deux maisons confirme le fait que la période qui s’ouvre œuvre dans le sens de l’élévation de l’âme individuelle et collective en dépit de son démarrage fracassant.

Les éclipses annoncent en général une accélération, un changement ou une évolution des affaires du monde. Mais le monde change parce que ceux qui le composent changent. Le rougeoiement de la Lune et de Mars va agir comme un coup de semonce et nous éveiller à ce que nous devons faire pour gagner en conscience et, ce faisant, aider les autres à faire de même. Le moment est venu de tirer les leçons de nos échecs et de nos réussites, d’écouter notre cœur, de sortir de notre léthargie, d’accepter l’ombre pour mieux accueillir la lumière.  Et peut-être surtout de cesser d’aller chercher à l’extérieur ce qui se trouve déjà en nous-mêmes : en d'autres termes, devenir notre propre maître. Même si sous l’influence des deux planètes rétrogrades et de Saturne, régent du Capricorne, tout cela prendra du temps, la durée et la profondeur de notre réflexion seront le gage de choix ultérieurs mieux réfléchis.

L’arcane majeur du Tarot associé à cette pleine lune est  le 9, l’Hermite. Nul mieux que lui ne fait écho au message de  Śravaṇa : écouter le silence, laisser à la méditation et à la solitude le soin de mûrir en nous sagesse et connaissances. L’écoute qui nous est demandée n’est pas celle du brouhaha de la vie en société. C’est celle du divin en nous, le murmure muet de ce que nous savons et avons oublié. Ou, sur un plan plus prosaïque, la réalisation qu’il faut savoir s’arrêter, se taire et être au clair sur ses propres motivations avant de s’engager sur une voie nouvelle.

Ressources:
- AnandaShree Astrology
- Julianne Victoria, Shedding Light on Jyotisha:  Vedic Astrology for Beginners

 

Publié dans Astrologie

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