De la fin et des moyens

Publié le par Jyoti

On dit que la fin justifie les moyens, mais que se passe-t-il quand les moyens nous font perdre de vue la fin ? Le créateur utilise ses outils pour réaliser l'œuvre dont il a eu l'inspiration. Ils sont au service d'une fin qui le mobilise entièrement et qu'il ne perd jamais de vue.

Il n'en va pas toujours de même dans notre vie personnelle comme j'ai eu récemment l'occasion d'en faire l'expérience. Il arrive que la fin ait des implications émotionnelles si profondes, que nous reportons l'anxiété dont elle s'accompagne sur les moyens de l'atteindre, lesquels occupent alors tout l'espace et parviennent à nous la masquer.

Rediriger les émotions vers des situations a priori moins sensibles est une tactique de protection, pour ne pas dire de survie. Les concentrer sur les moyens matériels bloque la véritable raison de leur virulence, mais aussi nous expose à une souffrance plus grande, car aveugles à ce qui se joue vraiment, nous devenons l'auteur et l'acteur d'une illusion.

Pour sortir du buisson épineux dans lequel nous nous trouvons alors empêtrés, il faut accepter de regarder la fin en face, avec ce qu'elle a de difficile peut-être, mais aussi de positif et, pourquoi pas, de libérateur. Alors les moyens et la fin retrouvent leur juste place respective et le processus peut se dérouler de façon apaisée.

Le brouhaha du quotidien et la nécessité de gérer la multitude des préoccupations matérielles qui nous assaillent nous font souvent oublier que le « pour quoi » est beaucoup plus important que le « comment ». Si nous étions plus attentifs à cette évidence, nous commencerions par nous interroger sur les fins que nous poursuivons. Peut-être nous apercevrions-nous alors qu'elles ne valent pas toutes la peine des moyens que nous nous efforçons de leur associer ou même que nous nous sommes trompés de finalité. Peut-être aussi gagnerions-nous en sérénité à nous limiter aux fins qui ont un véritable sens pour nous.

Lorsque nous soulevons un coin du voile et laissons entrer la lumière du sens véritable de ce que nous vivons, tout devient simple. Tant que nous n'avons pas compris et démonté le mécanisme quasi masochiste qui nous pousse à le laisser  systématiquement retomber, nous continuons à avancer à tâtons et à nous cogner contre les murs de l'auto-aveuglement. Comment nous éveiller à notre véritable nature et trouver la paix si nous nous entêtons à vivre en somnambules ?

 

 

 

 

 

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