La vie est immortelle

Publié le par Jyoti

Parterres de primevères. Prunus et forsythias en fleurs. Timide apparition de feuilles vert tendre ici et là. Vert appétissant des pelouses qui se font plus drues. Mésanges et pies très affairées dans les arbres en face de chez moi. Chant vibrant de détermination et d'enthousiasme d'un oiseau (lequel ?). Même si je n'en repère pas encore l'odeur et même si le soleil demeure parcimonieux, le printemps commence à se dévoiler.

Pourquoi qualifie-t-on le printemps de demi-saison ? Parce que ses matins n'ont pas encore renoncé à la fraîcheur de l'hiver et que sa chaleur ne se déploie pas avec toute l'agressivité de l'été ? C'est possible. Mais une chose est sûre : pour moi, il est une saison à part entière et même plus que ça. Il est la preuve éternellement renouvelée de l'immortalité de la vie.

La vie ne meurt pas. Au pire, elle sommeille dans l'attente de conditions propices à son réveil. Elle est présente partout, en permanence, sous des formes multiples et même improbables quand nous les mesurons à l'aune de notre propre image. De la formation des planètes à la bactérie, rien ne la détourne de son ouvrage.

La Vie est tout ce qui apparaît, existe et disparaît pour renaître sous une forme similaire ou différente. C'est la Conscience en action, toujours en mouvement, toujours renouvelée. Une énergie indomptable que rien n'arrête. Sur les ruines des catastrophes naturelles comme artificielles, elle renaît toujours. La mort est l'un de ses aliments et non sa négation : la décomposition de la matière organique, telle les feuilles « mortes », ne constitue-t-elle pas l'humus qui favorise le développement de la vie végétale et animale ? Force incoercible de transformation, la vie engendre la vie à l'infini.

Je n'ai jamais compris le point de vue qui en considère notre version comme une « vallée de larmes ». Terriblement réducteur, il la confine aux événements terribles que nous rencontrons tous en chemin et qui nous affectent directement ou indirectement. Ce faisant, il nous prive du sentiment enivrant de son perpétuel jaillissement chatoyant et de sa dynamique. Il serait dommage que l'arbre cache la forêt : notre vie n'est qu'un aspect de la Vie. Le jour où nous en prenons conscience, nous aussi devenons immortels.

 

 

 

Publié dans Mood

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