5 de Pentacles : faire face à l'adversité

Publié le par Jyoti

Comme l'évoque sans ambiguïté son illustration, le 5 de Pentacles est généralement associé aux problèmes de santé ou financiers, bien que l'on puisse l'étendre aussi à la tendance au doute et à l'anxiété et à la propension à voir le côté négatif des choses. Du point de vue du tarot kabbalistique, les 5 des quatre familles (bâtons, coupes, épées et pentacles/deniers), liés à la sephirah Geburah associée à la planète Mars, sont en principe des lames de conflit et de difficultés.

Mais si Mars sous son aspect belliqueux peut détruire et faire souffrir, c'est aussi pour permettre l'instauration de nouveaux équilibres épanouissants, comme le suggère son opposition à Chesed, la sephirah de l'amour et de la bienveillance. Le chemin qui les relie sur l'arbre des sephiroth est d'ailleurs celui de la Force, cette énergie de transformation de l'obscur en lumineux symbolisée par le vitrail.

Au-delà de son premier abord rébarbatif, cet arcane transmet implicitement un message d'apaisement. Le fait que les personnages soient en mouvement nous rappelle que tout passe, tout lasse et rien ne dure car l'impermanence est notre lot : l'eau du fleuve de la vie coule inexorablement, toujours identique dans son essence, toujours différente dans les formes et les couleurs que lui font prendre les aléas de nos parcours. Les épreuves, si difficiles soient-elles, qu'elle place sur notre chemin ne sont que des moments immanquablement destinés à passer, même si cela peut paraître impensable lorsque la douleur nous étreint.

Le vitrail, dont la présence lumineuse s'impose dans l'illustration, nous dit qu'il est possible d'en alléger le poids en recherchant un réconfort spirituel, mais aussi en acceptant ce qui nous arrive et en choisissant de déceler la lumière, si faible soit-elle, qui nous guide vers le havre de paix auquel nous aspirons. L'attitude de chaque personnage est explicite quant au choix qui s'offre à nous : si nous nous enfermons dans la négativité, le regard rivé au sol, le chemin nous paraîtra plus long et douloureux. Mais si nous parvenons à considérer la situation comme une occasion de voir le verre à moitié plein plutôt qu'à moitié vide (la jambe valide plutôt que la jambe malade), nous serons mieux armés pour y faire face et aborder les prochaines embûches. La conscience de l'impermanence pourra alors nous aider à prendre de la distance par rapport au moment présent et à ne pas nous laisser engloutir par un sentiment d'impuissance, de tristesse, de découragement ou de désespoir.

Cet arcane nous invite à choisir entre deux attitudes face aux soubresauts de la vie : nous comporter en victimes passives et laisser des émotions négatives dicter notre devenir ou en profiter pour entamer un processus de réalisation ou d'acceptation des évolutions nécessaires ou incontournables. Dans tous les cas, le problème trouvera tôt ou tard une issue car la lumière brille toujours au bout du tunnel. Il suffit de lever les yeux pour la voir.

Placer ce 5 mineur sous l'égide du 5 majeur, l'arcane du Hiérophante, le dispensateur de sagesse, conforte l'idée que l'adversité constitue une forme d'enseignement que nous pouvons vivre comme un moyen d'évolution ou comme un fardeau. Si nous refusons d'entendre ce que les situations déstabilisantes, perturbatrices et douloureuses nous enseignent, nous risquons d'aller de souffrance en souffrance et de nous cogner à nos propres murs sans jamais sortir du tunnel.

Loin de se limiter à annoncer de mauvaises nouvelles, cet arcane est profondément porteur d'espoir et de réassurance. Personne n'échappe aux situations difficiles et douloureuses, mais nous pouvons tous, tôt ou tard, faire jaillir la lumière de leur obscurité, leur donner du sens et les dépasser. N'oublions pas non plus que les leçons de l'expérience font partie des richesses susceptibles d'aider les autres, que distribue généreusement l'arcane suivant, le 6 de Pentacles.

 

Publié dans Tarot

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