Méditation et les 5 états du mental

Publié le par Jyoti

Dans l'extrait ci-dessous du chapitre 2 de l'ouvrage « Bhagavad Gita in the light of Kashmir Shaivism* », Swāmi Lakshmanjoo donne des exemples concrets de quatre des cinq états** du mental, évoqués par le sage mythique Vyāsa dans son commentaire des Yogasūtra de Patañjali, dans le cadre d'une pratique méditative visant l’état de yoga (union avec la Conscience suprême) : kṣipta, vikṣipta, ekāgra, niruddha.

 

 

« Kṣipta : la récitation du mantra est entrecoupée de pensées triviales, par exemple : 'om namaḥ śivāya, om namaḥ śivāya, om namaḥ śivāya, om namaḥ śivāya, il faut que je pense à faire des courses, om namaḥ śivāya, om namaḥ śivāya, om namaḥ śivāya, les boutiques sont fermées en ce moment, om namaḥ śivāya, om namaḥ śiv̄āya, om namaḥ śivāya'. La personne perd sa concentration. Dans ce cas, elle doit empêcher son esprit de s’engager dans la voie de pensées similaires.

Vikṣipta : la récitation continue du mantra est interrompue par une pensée parasite : 'om namaḥ śivāya, om namaḥ śivāya, om namaḥ śivāya, om namaḥ śivāya, om namaḥ śivāya, om namaḥ śivāya, om namaḥ śivāya, om namaḥ śivāya, je dois aller là-bas, om namaḥ śivāya, om namaḥ śivāya'. Dès que cette pensée tournée vers l'extérieur apparaît, la personne se repositionne à l'intérieur d'elle-même pour l'éliminer.

Ekāgra : le troisième état étant maîtrisé, pendant la récitation ininterrompue du mantra 'om namaḥ śivāya, om namaḥ śivāya, om namaḥ śivāya, om namaḥ śivāya, om namaḥ śivāya, om namaḥ śivāya, la personne baille, om namaḥ śivāya, om namaḥ śivāya, om namaḥ śivāya, se gratte, om namaḥ śivāya, om namaḥ śivāya, om namaḥ śivāya'. Mais le fait de bailler, de se gratter, etc., détruit sa concentration.

Nirūddha : la personne récite immédiatement 'om namaḥ śivāya, om namaḥ śivāya, om namaḥ śivāya, om namaḥ śivāya, om namaḥ śivāya, om namaḥ śivāya' en une chaîne ininterrompue, toutes pensées arrêtées. Lorsqu’elle atteint ce cinquième stade du yoga, elle jouit de la supra conscience de sa véritable nature. Elle ressent un plaisir au-delà du plaisir, accessible uniquement à son intellect. Cette joie est au-delà des organes des sens, ils ne peuvent pas la ressentir. Une fois établi dans cette félicité, le pratiquant y demeure. Pour parvenir à cet état, il doit exercer sa volonté sans faiblir. Sa volonté doit demeurer inébranlable. »

 

* Éditeur : Universal Shaiva Fellowship (copyright John Hughes) - Traduction/adaptation par mes soins.
** Il ne mentionne pas le premier état, mūḍha, qui est celui de l'ignorance (connaissance incomplète) et du mental englué dans la matière et qui donc ne peut pas engager la personne sur la voie du yoga, puisqu'elle est totalement aveugle à sa véritable nature.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article