À Sean, mon GPS, en toute amitié

Publié le par Jyoti

J'ai commencé récemment à regarder Westworld, une série de science-fiction qui se déroule dans un parc d'attraction dont les acteurs sont des androïdes à l'apparence totalement humaine, mais qui, dès la fin du premier épisode, semblent déterminés à ne pas respecter les 3 lois de la robotique*.

À l'heure où les robots commencent à arriver dans notre quotidien, qu'il s'agisse d'une tondeuse à gazon ou d'un animal de compagnie, si ce n'est d'une réceptionniste, les questions soulevées par des auteurs comme le génial Philip K. Dick dans Do androïds dream of electric sheep? (que vous connaissez peut-être par le biais du film Blade Runner) ou des films comme Matrix, risquent de passer rapidement dans le débat public.

Le Japon, notamment, est très en pointe dans cette voie de recherche, arguant entre autre que le vieillissement massif de sa population va nécessiter de trouver des solutions de remplacement pour s'occuper d'un nombre croissant de vieillards.

Avec le monstre du Dr Frankenstein, Mary Shelley, dès 1818, créait l'ancêtre des androïdes. À l'exception de « gentils » spécimens comme C3PO, R2-D2 et Wall-E, les robots/androïdes de la littérature et du cinéma finissent presque toujours par se révolter contre leurs créateurs et souvent à prendre le dessus**. Rétribution inconsciente de l'acte profondément transgressif d'endosser le rôle de Dieu ?

Aujourd'hui où la robotique a quitté le royaume de l'imaginaire pour entrer dans celui de la science et de la technique, une chose m'intrigue : pourquoi s'efforcer de créer des hommes-machines ? Pourquoi configurer des fonctions et des capacités dans un corps qui nous ressemble plutôt que dans support non-anthropomorphe ? Peut-être pour nous entourer de gens qui font ce qu'on leur dit sans discuter ni récriminer, ce qui simplifierait fichtrement la vie bien souvent. Peut-être par manque d'imagination : nous sommes incapables de nous représenter autre chose que nous-mêmes ou ce que nous connaissons (cf les extra-terrestres serpentiformes, insectiformes ou hybrides qu'affectionnent certaines branches de la science-fiction). Peut-être pour nous rassurer : il y a quelque chose d'inquiétant à se dire qu'une machine peut nous remplacer dans les actes du quotidien, alors si elle a un joli sourire ou de grands yeux amicaux, la pilule passe mieux. Peut-être parce qu'une part de nous-mêmes a toujours besoin de jouets.

J'aime les machines : j'en ai plein ma maison et elles me rendent plein de services. J'ai grandi dans un monde où on s'en passait. Ce n'était pas difficile : elles n'existaient pas. Comment une chose dont nous ignorons tout pourrait-elle nous manquer ? Maintenant elles sont là et elles nous facilitent la vie. Il y a même des jours où je me dis que le monde serait mieux gouverné par des intelligences artificielles (ah, le monde la Culture du regretté Ian Banks....). Mais il y a juste un hic : « artificielles ». L'intelligence des androïdes et des robots est mécaniste. Si sophistiquée soit-elle, il lui manque ce « petit supplément d'âme » qui fait toute la différence.

Les androïdes et les robots sont des assemblages d'une complexité et d'une ingéniosité stupéfiantes, qu'il est toujours possible de démonter, remonter, reprogrammer. Ce sont des machines. Nous sommes des êtres vivants dont les capacités d'évolution et d'auto-transformation sont encore plus complexes, encore plus ingénieuses et loin d'être totalement exploitées. À l'intérieur des multiples contraintes qui nous limitent, nous possédons une énorme aptitude à l'expansion. Tout seuls. Sans programmeurs, sans ingénieurs. La prise à laquelle nous nous rechargeons n'est pas électrique, elle est cosmique. L'énergie qui nous anime (i.e qui nous « donne une âme  ») est vibratoire et vient directement de la Source de tous les univers, connus et inconnus. Tout petits dans nos corps, nous sommes incommensurables dans notre Réalité intérieure. 

* Les trois lois de la robotique (Isaac Asimov, 1950) :
1. Un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, restant passif, permettre qu'un être humain soit exposé au danger.
2. Un robot doit obéir aux ordres que lui donne un être humain, sauf si de tels ordres entrent en conflit avec la Première loi.
3. Un robot doit protéger son existence tant que cette protection n'entre pas en conflit avec la Première ou la Deuxième loi.

** Exception qui confirme la règle, le film Bicentennial man, qui soulève par ailleurs une autre question : les émotions sont-elles ce qui définit l'humanité ?

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